DOSSIER SPÉCIAL: LES POTS DE RELISH DE KANDAHAR
Pot de relish typiquement canadien Il fallait s'y attendre. En débarquant de l'avion les premiers soldats canadiens envoyés en Afghanistan pour combattre les Talibans et Al-Qaeda ont fait rire d'eux. Non seulement les hommes du 3e bataillon Princess Patricia's Canadian Light Infantry arrivaient sur le théâtre d'opérations avec deux mois de retard (ce bataillon constitue la "force de réaction rapide" du Canada), mais en plus les Américains et les Afghans ont trouvé leurs uniformes rigolos.

La nouvelle tenue de combat à motif camouflage, qui ressemble à de la relish échappée sur un plancher de cuisine, telle qu'illustrée à gauche représente peut-être ce qu'il y a de mieux comme habillement pour nos soldat depuis l'abandon des tuniques rouges en 1899, mais elle reste inadaptée au paysage de la région de Kandahar où opèrent les hommes du PPCLI.

Bérêt vert américain habillé dans les couleurs locales De leur côté les forces américaines (US Marines, 10th Mountain Division, 101st Air Assault, Navy SEALS, Special Forces, Delta Force et Rangers) portent des tenues à motif camouflage désertique à trois tons de beige pour se fondre dans le décor, comme vous pouvez le constater ci-contre à droite. Évidemment le gilet pare-éclats, le webbing et le sac à dos sont resté verts mais c'est déjà moins voyant. Les troupes norvégiennes ont aussi une tenue semblable.

Le motif de camouflage désertique typiquement canadienCeci étant dit, vous serez peut-être surpris d'apprendre que l'armée canadienne possède déjà "son" motif camouflage désertique (reproduit ici à gauche), qui est en démonstration sur le site web de la Défense nationale (www.dnd.ca) depuis au moins deux ans. Et pourtant on envoie nos soldats en Afghanistan vêtus de pot de relish. C'est désolant, d'autant plus que c'est en septembre 2001 que le gouvernement canadien avait décidé de déployer le 3PPCLI en Afghanistan à partir de janvier 2002. Septembre, octobre, novembre, décembre, janvier. En cinq mois de préparation le gouvernement canadien a été incapable de procurer des uniformes adéquats aux soldats qu'il a envoyés à la guerre. Le Ministère canadien de la défense a annoncé en février 2002 que nos hommes recevraient des uniformes appropriés dans six mois. Février, mars, avril, mai, juin, juillet. Presque un an plus tard, les PPCLI obtiendront une tenue adéquate pour leurs opérations.

Apparemment, il faut attendre qu'une usine typiquement canadienne quelconque ait rempli la commande et confectionné 2000 tenues désertiques typiquement canadiennes pour nos soldats typiquement canadiens, car c'est la façon typiquement canadienne de faire les choses et que ça nous permet de faire la morale aux États-Unis. C'est un capotage épouvantable et les responsables auront bien des comptes à rendre un jour, peut-être. Non, en fait jamais, c'est le Canada ici.

Parlant de responsables. Le chef d'État-major de la Défense nationale, le général Hénault (le magazine Esprit de Corps le surnomme "l'hermite" parce qu'on le voit jamais nulle part) est disparu de la scène politique canadienne depuis le mois de septembre. Il avait pourtant une occasion en or de grandir dans l'épreuve comme les soldats canadiens ont l'habitude de le faire. Il aurait pu à ce moment faire preuve de leadership et d'initiative (c'est pour ça que c'est un général), sortir de sa cachette sous la moquette de son bureau du 13e étage du QGDN à Ottawa, et voir à ce que ses troupes aient les vêtements qui vont avec la mission.

Le catalogue US CavalrySi l'industrie canadienne du vêtement était incapable de produire 2000 tenues de combat en trois mois, ce dont on peut douter, il n'avait qu'à en acheter sur étagère. Rien que pour l'exemple, la chaine de magasins militaires US CAVALRY au États-Unis peut en vendre par correspondance. US CAVALRY prend les commande par téléphone, fax et internet. Le chef d'État-major n'avait qu'à les commander, ces uniformes, avec la carte de crédit du gouvernement canadien et sauver nos fantassins du ridicule. Et le pigeon aurait probalement aussi réalisé de substancielles économies dans l'opération.

Pour les besoins de l'argument, admettons qu'il eut passé une commande pour 2000 pantalons, 2000 chemises, 2000 vareuses et 2000 chapeaux de brousse modèle américain à trois tons à US CAVALRY (le chiffre de deux mille est volontairement exagéré, le 3PPCLI compte moins de 900 soldats). À $29.99 de la chemise, $29.99 du pantalon, $74.99 de la vareuse et $12.99 du chapeau de brousse, cela nous laisse une facture de $295 920.00 US, avant taxes et conversion des devises. Disons, pour être juste qu'on aurait pu s'attendre à charger la carte VISA nationale d'un montant de $300 000.00. C'est moins cher qu'un hôtel et un club de golf à Grand-Mère, ça.Des uniformes pour tous les terrains

Et si un crétin de politicien canadien minable lui en avait fait le reproche, le chef d'État-major aurait pu répondre "Monsieur le Premier ministre, je vous rappelle que nous sommes en guerre, que c'est vous qui l'avez décidée et qu'il est de mon devoir de la gagner. Sinon il fallait embrayer le cerveau avant d'actionner les mâchoires, monsieur le Premier ministre." Mais c'est quelque chose qu'on ne verra jamais parce qu'au Canada le chef d'État-major est un fonctionnaire qui veut avancer dans la fonction publique et prendre ses responsabilités de chef militaire, ça nuit à l'avancement dans la fonction publique.

Finalement c'est le simple soldat canadien qui a tranché le noeud. Les hommes du PPCLI à Kandahar ont recouvert leurs uniformes et équipements de peinture matte beige empruntée aux Américains, avec l'accord tacite de leur commandant. Ainsi à défaut d'avoir l'air brillants ils vont être moins visibles et de toutes façons, l'adaptation de la tenue à l'environnement fait partie des principes de camouflage enseignés aux recrues à l'école de combat. Et ne vous y trompez pas. Si c'est vrai que le ce mouvement a été initié par les simples soldats, c'est l'équivalent d'une mutinerie sur un navire de guerre, et en appuyant la démarche de ses hommes le colonel du 3PPCLI se pose en chef des mutins. Il y a fort à parier qu'à leur retour au Canada ces hommes devront rembourser les uniformes qu'ils ont "endommagés" et que la carrière de leur colonel dans les Forces canadiennes aboutira dans un cul-de-sac.

Vous, vous en pensez quoi, de cette affaire? Passez au vote.

Dossier 02: Relish à Kandahar
Que doit-on penser de cette affaire des uniformes pas de la bonne couleur en Afghanistan?

C'est la preuve que l'armée canadienne est dirigée par des caves
Rien qui marche, donc rien de nouveau au Canada
C'est pas grave, c'est seulement irritant
L'uniforme n'a pas d'importance
Comment?


Résultats courants
Il n'y a pas que du désert en Afghanistan

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