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Entrevue à l'ADSUM, le journal de la base de Valcartier avec Karina Soucy. L'entrevue a lieu dans les locaux de l'ADSUM, bâtiment 200, à Valcartier (c'est l'ancienne École de combat). Voici l'article issu de cette rencontre, publié le mercredi 24 janvier 2001.

Les Vandoos, héros de BD
Par Karina Soucy
JOURNAL ADSUM

Les Vandoos, c'est un groupe de personnages militaires qui prennent vie sous la plume de l'auteur de bande dessinée Jean-François April, un civil qui a développé une curiosité pour l'armée.

En 1994, Jean-François April décide de se consacrer à sa passion pour la bande dessinée; il doit trouver des personnages et des histoires. "Ayant grandi avec les Tuniques bleues, une bande dessinée qui raconte les péripéties d'un groupe de soldats américains, l'environnement militaire m'intéressait. Je me suis dit, soyons moderne et différent: présentons des militaires, mais de façon réaliste. Des personnes qui sont en mission, fatiguées, la barbe longue, les vêtements défraîchis. Les Vandoos sont ainsi nés."

Pour s'assurer d'offrir un résultat crédible, Avary (son nom de plume) se documente pendant près de huit mois. Les véhicules, les armes, le langage, il assimile tout et devient un spécialiste de l'environnement militaire. Il travaille à son premier album pendant trois ans. "Dès que je l'ai terminé, j'ai fait la tournée des maisons d'édition. Tout le monde refusait pour des raisons diverses: l'armée ça ne fait pas québécois, le français est mauvais. J'ai donc mis ma tête sur le billot et créé ma propre maison d'édition."

Son lancement en 1999 est volontairement silencieux. En effet, Avary craint la réaction du public et particulièrement des militaires. Il doit tout de même réaliser la distribution de son album, en effectuant du porte-à-porte chez les libraires. "Après de nombreux refus, quelques-uns ont accepté d'installer ma bande dessinée sur leurs tablettes. Les ventes ont été longues à débuter. Et puis, lors du Festival de la bande dessinée à Québec, j'ai réussi à me faire connaître. Lorsque je voyais arriver de grands gars avec les cheveux courts, j'éprouvais toujours une certaine crainte. Cela pouvait être des militaires, et je me demandais ce que j'allais faire s'ils n'aimaient pas mon travail. Finalement, les commentaires se sont avérés positifs, autant de la part des soldats que des officiers. D'ailleurs, je viens tout juste de recevoir un appui du 5e Groupe de soutien de secteur qui s'est dit ouvert à me permettre de réaliser des visites et d'obtenir de l'information. Je n'en revenais pas. C'est parfait, puisque je me retrouvais dans une impasse: l'inspiration allait bientôt faire défaut. L'armée évolue et je dois évoluer avec elle."

UN PARCOURS SINGULIER
La passion du dessin n'est pas nouvelle chez Jean-François April. Dès son plus jeune âge, il laisse aller son talent sur les murs de la maison... au grand désespoir de sa mère. Il découvre finalement l'utilité du papier et apprécie l'école, moment où il dessine à profusion. Aussitôt qu'il commence à lire, il devient un adepte de bandes dessinées. Il découvre alors les Tuniques bleues. "C'est eux qui m'ont inspiré les Vandoos. J'apprenais leurs histoires par coeur et je les dessinais case par case. Vers l'âge de 12 ans, j'étais en mesure d'inventer mes propres histoires des Tuniques", raconte l'auteur.

À la fin de ses études universitaires en histoire, tout le dirige vers l'enseignement. "Je devais alors prendre une décision sur mon avenir d'auteur de bande dessinée. J'avais l'impression que si je ne débutais pas jeune, j'hypothéquais mes chances de réussite. J'ai alors décidé de me lancer."

PROJETS
Fort des réactions favorables suscitées par son premier album, Jean-françois April n'hésite pas, lors du lancement de son deuxième Vandoos, à annoncer l'événement et à faire parler de lui. Et cela ne s'arrête pas là. En 2002, il prévoit la sortie d'un autre album, mais cette fois avec les Zoranges mécaniques, un groupe qui s'adonne au soccer, comme l'auteur. "C'est tiré de mon vécu" précise Avary. Le troisième album des Vandoos est tout de même completé à 75% et le quatrième est prévu pour 2003. Ne s'arrête-t-il jamais? "J'ai débuté une bande dessinée pour une association d'alpinistes. Encore une fois, ça me permet de découvrir un nouveau milieu."

LA VIE D'UN AUTEUR DE BD
Être un auteur de bandes dessinées au Québec, c'est un handicap selon Avary. "En France et en Belgique, c'est très bien perçu de consacrer sa vie à la bande dessinée, tandis qu'ici cela complique toutes mes démarches, particulièrement pour ma maison d'édition."

Lorsqu'on lui demande à quoi ressemble son quotidien, Avary cite l'un de ses confrères. "Nous autres bédéistes au Québec menons une vie que bien des losers envieraient, car il faudrait vraiment être losers pour envier notre vie." Ainsi, selon Jean-François April, la passion du dessin doit absolument l'animer. "On calcule environ 18 mois pour réaliser un album. J'ai fait mon deuxième en 12 mois, ce qui ne signifie pas que je suis meilleur par contre. Je travaillais de 14 heures à 15 heures par jour. La seule chose qui m'arrêtait, c'est lorsque je saignais du nez: je craignais que cela tache mes croquis."

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